Hinkley Point : il est urgent d’attendre

L’association EDF Actionnariat Salarié a été la première, le 12 novembre dernier, à tirer le signal d’alarme concernant les risques financiers liés à la construction de deux EPR à Hinkley Point, le directeur financier, Thomas Piquemal, a annoncé sa démission pour un désaccord fondamental avec le président sur le même sujet. Que faut-il en déduire ?

Des finances en difficultés

Les salariés actionnaires regardent avec beaucoup de crainte les annonces faites par la direction et l’état actionnaire majoritaire. En effet la décision concernant la signature du contrat pour la construction de deux centrales EPR à Hinkley Point semble imminente.

Le départ courageux du directeur financier d’EDF n’y fait rien et l’état continue de pousser l’entreprise dans une prise de risque inconsidérée. Pourtant,Thomas Piquemal n’est pas le seul à juger cet investissement démesuré puisque la cour des comptes, dans son rapport du 13 mars dernier soulignait sa préoccupation quant à la santé financière d’EDF. Ce rapport souligne ainsi que l’état a appauvri notre entreprise pendant des années en lui demandant de verser un dividende beaucoup trop important (entre 1,7 et 2 milliards d’euros pas an).

L’association EDF Actionnariat Salarié était la seule association à dénoncer cette incongruité alors que d’autres demandaient le contraire. En 8 ans le cours de l’action EDF (et nos économies) a été divisé par neuf soit une perte de capitalisation de près de 147 milliards d’euros. A titre comparatif c’est plus de 2 ans de recettes de l’impôts sur les revenus de l’ensemble des français.

L’association EAS demande un moratoire

Face aux graves difficultés pour financer Hinkley Point, EDF souhaite passer en force, songeant très sérieusement à diluer les actionnaires minoritaires en se faisant payer un dividende en actions ou en ugmentant le capital et en vendant des actifs stratégiques qui diminueront encore plus nos capacités d’investissement futurs (RTE, ErDF ?) puisque générateurs de cashflow. La solution ne serait-elle pas plutôt de baisser, voir de supprimer temporairement un dividende qu’EDF ne peut pas payer ?

C’est pourquoi nous demandons à l’ensemble des administrateurs de l’entreprise de sursoir à cette décision d’investissement qui engage fortement l’avenir de notre entreprise. Hinkley Point doit pouvoir bénéficier du retour d’expérience de Flamanville et Olkiluoto et d’un nouveau tour de table permettant de limiter les risques financiers pour EDF.

La position d’EAS ?

Face aux risques encourus, les adhérents d’EAS demandent à l’état, aux dirigeants et aux administrateurs d’EDF de voter un moratoire sur la décision d’investissement d’Hinkley Point !
La responsabilité des administrateurs est engagée et les salariés actionnaires doivent pouvoir défendre leurs intérêts qui sont gravement menacés par l’ensemble des mesures prises à leur encontre.