CA d’EDF du 22 avril 2016 : Loin d’être suffisant

Alors qu’EAS dénonce depuis de nombreux mois les carences de l’état en tant qu’actionnaire majoritaire d’EDF, le conseil d’administration a annoncé plusieurs mesures visant à sécuriser la trajectoire financière du groupe.
EAS vous livre cidessous son analyse :

Impact sur la structure boursière du capital

  • Option de versement des dividendes en actions au titre de 2016 et 2017.
  • Projet d’augmentation de capital sous forme d’opération de marché pour un montant d’environ 4 milliards .

Si ces opérations renforcent effectivement les fonds propres de l’entreprise, elles risquent de diluer massivement les actionnaires minoritaires car elles représentent environ 25% de la valorisation boursière du groupe arrêtée au 22 avril 2016 et plus de 150% du flottant.

Cette opération renforce la conviction d’EAS de demander une OPR à l’actionnaire majoritaire au prix d’introduction de 2006 soit 32€ par action.

Mesures d’accompagnement

Le montant total des investissements du groupedevrait s’établir entre 12,5 et 13, 5 milliards € par an au cours des trois prochaines années.»

«Dans un contexte de prix de gros de l’électricité situé entre 25 et 28 €/Mwh» EAS constate que le free cashflow du groupe restera dans le rouge si les mécanismes de marché ne sont pas révisés.

EAS demande l’instauration rapide d’un prix plancher de carbone tout d’abord au niveau français puis au niveau européen.

La réduction des charges opérationnelles

«portée au moins à 1 milliard € à l’horizon 2019», cette réduction de charges est drastique et intervient dans un climat social déjà tendu par les premières annonces d’économie.

Pire, d’un point de vue financier, elles ne sont pas à la hauteur des problèmes rencontrés par le groupe dans le cadre du dysfonctionnement du marché de gros.

Le plan de cession d’actifs de 10 milliards d’euros

Il n’est pas opportun, il se fera dans des conditions déprimées de marché de l’énergie ne permettant pas d’opérer ces cessions dans de bonnes conditions. De plus, céder un actif régulé comme RTE apportant des revenus récurrents pour financer un projet risqué constitue à notre avis un nonsens et sera sanctionné par les agences de notation.

Hinkey Point

EAS considère que le report de la décision d’investissement est sage tant que le réacteur de Flamanville 3 n’aura pas été mis en service. Les dernières informations concernant les tests de la cuve du réacteur et pour laquelle l’ASN a annoncé qu’elle ne rendrait son avis qu’au cours du premier trimestre 2017 renforcent notre position : il faut lever les incertitudes industrielles, financières et juridiques avant d’investir.

La position d’EAS ?

Même si ces décisions montrent enfin un regain d’intérêt de la part de l’état actionnaire, elles sont loin d’être suffisantes. EAS restent aux cotés des actionnaires salariés et des minoritaires pour que leur voix soit entendue.